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Le jeu d’échecs – Edith Thomas

Maison d’édition : Viviane hamy

Date de parution : 12/04/2018

Prix chez l’éditeur : 18.00 €

Nombre de pages : 197

Nombre de tomes : 1

 

 

Résumé

 

 » Lorsque tu m’as demandé, Stevan, si je t’écrirais, je t’ai dit que je répondrais à tes lettres, mais que je ne t’écrirais plus la première. « 

Un soir que nous étions devant le feu, Claude me dit :  » Si j’étais un homme, je t’épouserais.  »
Je m’entendis lui répondre :  » Si j’étais un homme, je t’épouserais, mais pas si j’étais une femme.  » Pourquoi ?  » Parce que nous sommes dans le temps. Parce que nous ne pouvons pas nous défaire du temps et que nous ne pourrions rien construire ensemble de durable. Si tu étais un homme et que je fusse une femme, je ne pourrais pas accepter d’être définie par toi.  »
Il m’était douloureux de prononcer ces mots qui rompaient l’enchantement. Mais ce qui faisait le prix de notre rencontre, c’est qu’aucun mensonge ne pouvait se glisser entre nous, fût-ce au prix de notre déchirement.

 

 

Son avis

 

En ouvrant Le Jeu d’Échecs, écrit par Edith Thomas, j’ai découvert un livre beau et désenchanté. Un texte sans artifice qui, sous forme de confidence, entrelace vécu et fiction pour retranscrire un monde intime insatisfait, douloureux.

« J’ai cherché l’amour avec une persévérance qui m’étonne, mais aussi une lucidité qui m’empêchait de le trouver. »

Ce qui frappe d’emblée c’est l’intégrité morale de l’auteure alliée à une clarté de la pensée qu’altère une évidente mésestime de soi. Armée d’une lucidité sans pathos, elle retrace en quatre chapitres un parcours sentimental jalonné de rencontres qui aboutissent à une décision fondamentale, entre abandon et redéfinition.

Car cette intellectuelle indépendante n’est mue que par une quête d’amour absolu et spirituel qu’aucune frontière ne peut contraindre excepté sa raison.

« – Vous êtes toujours en quête d’absolu, disait Claude. Il n’y a pas d’autre absolu que l’instant.

J’essayais, comme l’on part en vacances, d’entrer de plain-pied dans cette très vieille sagesse. Claude m’y attendait de sa grâce singulière. Il me suffisait qu’elle fût assise sur mon divan. Qu’elle me regardât de ses yeux gris, qu’elle me sourît avec cette secrète douceur, pour que l’instant fût saisi dans sa plénitude, l’espace d’un instant. »

Elle est en amour comme dans ses choix de citoyenne ou de femme : intransigeante, sincère et droite. En contradiction avec une époque trouble et restrictive.

« Ce qui importe, quand un oiseau chante, c’est l’oreille qui l’écoute. Ce qui importe, ce n’est pas l’eau, mais celui qui s’y baigne. Ce qui importe, ce n’est pas le soleil, mais celui qui s’y brûle. Ce qui importe c’est la résonance en chacun de toutes choses, et que nous ayons été un moment, l’une pour l’autre, le chemin d’amour qui nous dépassait. »

Le Jeu d’Échecs est un livre marquant, moderne. Un livre que je vous recommande vivement.

Bonne lecture !

 

 

 

 

 

 

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