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Le dernier stade de la soif – Frédérick Exley

Chronique

Titre : Le dernier stade de la soif

Auteur : Frédérick Exley

Maison d’édition : Monsieur Toussaint Louverture

Date de parution : 05/04/2018

Prix chez l’éditeur : 13.00 €

Nombre de pages : 512

Nombre de tomes : 1

 

Résumé

Avec mordant et poigne, Exley décrit les profonds échecs de sa vie professionnelle, sociale et sexuelle. Ses tentatives pour trouver sa place dans un monde inflexible le mènent aux quatre coins du pays, mais surtout à l’hôpital psychiatrique d’Avalon Valley. Au gré des bars, des boulots et des rencontres improbables, l’obsession d’exley pour la gloire, les New York Giants et leur joueur star, Frank Gifford, grandit. Dans ses mémoires fictifs, en plongeant la tête la première dans ce « long malaise » qu’est sa vie. Chargé en grande partie de ce qu’il appelle « les fardeaux du chagrin » et de catastrophes ordinaires, ce premier roman est un époustouflant voyage littéraire. C’est drôle. C’est touchant. C’est à la fois Nabokov et Bukowski et Richard Yates et Thomas Bernhard.

Son avis

Pourquoi Frederick Exley se raconte-il avec autodérision ? Cynique, parfois acerbe, souvent drôle, il se dissèque – ainsi que ses contemporains – avec la précision d’un entomologiste.

On le découvre tour à tour ambitieux, idolâtre, procrastinateur, alcoolique ou dépressif… Il ne s’épargne rien, étale tout, la veulerie, la dépravation, sans concession.

Évidemment, il lui faut rendre supportable sa déchéance, de même que la lecture du livre. Mais l’ironie cache, ici, autre chose.

Frederick Exley ne s’aime pas.

Resté fidèle à son rêve d’écriture autant qu’à la boisson, d’un bout à l’autre du « dernier stade de la soif », l’auteur s’est-il finalement résigné à n’être qu’une épave ? La réalité même du roman tendrait à prouver le contraire.

Et l’on se demande alors s’il est bien guéri de ce culte de la réussite qu’il dénonce. Voilà sans doute ce qui nourrit son ton acerbe. La honte de fantasmer encore ce rêve américain duquel sa trajectoire diffère tant. Une vision idéalisée de l’Amérique incarnée par son père, puis, plus tard, par le champion de base-ball Frank Gifford. Et s’il a su se soustraire à la figure paternelle, il n’aura cessé de vivre le succès par procuration, à travers les exploits de l’athlète.

D’ailleurs l’auteur a-t-il seulement tenté de s’épanouir hors des clous ? Si son penchant pour l’alcool et son acharnement à rater tout ce qu’il entreprend laissent entendre que ce n’est pas le cas, l’existence du bouquin prouve au moins qu’il aura surmonté sa faiblesse pour un temps.

En conclusion, si l’humour et le talent de l’auteur, sa clairvoyance sauvent le roman de l’ennui et de la sinistrose, il m’aura pourtant fallu du temps pour avaler ces 450 pages.

À défaut d’une grande lecture, un roman drôle, lucide et humain.

Bonne lecture !

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