Maison d’édition : Viviane Hamy (Chemins nocturnes)

Date de parution : 14/01/2016

Prix chez l’éditeur : 19.00 €

Nombre de pages : 360

Nombre de tomes : 1

 

 

 

Résumé

 

À la veille de Noël, un groupe de SDF investit Notre-Dame de Paris, revendiquant un logement pour tous. Les médias se déchaînent, l’événement fait la une. Après l’éviction des miséreux manu militari, le calme revient dans la capitale jusqu’à ce que, quelques jours avant Pâques, on repêche dans la Seine le corps étrangement mutilé de Mouss, le porte-parole des sans-abris. Quand Claire Kauffmann, la juge d’instruction, apprend que le Père Kern officiait dans la basilique au moment de son occupation, elle sollicite son aide pour faire éclater la vérité. En vain. Témoin autant qu’acteur, le petit prêtre a bien malgré lui favorisé l’intervention de la police. Depuis, perclus de culpabilité, il s’est enfermé au centre Wresinski, où il inventorie les maigres biens des plus démunis. Elle devra se débrouiller seule… 

 

 

Mon avis

 

Je tiens à remercier les éditions Viviane Hamy pour m’avoir fait découvrir la plume d’Alexis Ragougneau et ce formidable polar qui m’a embarqué au cœur de Notre-Dame de Paris, dans ses coulisses gothiques où s’affrontent la corruption et la rébellion, la faim et la chrétienté.

J’ai été happée dès les premières pages et ce, jusqu’à la dernière. Dans une atmosphère lourde de préjugés, l’auteur nous dévoile l’intrigue, les personnages, nous conte l’évènement du 24 décembre où un groupe de SDF envahit Notre-Dame de Paris, sous la houppe de Mouss, que l’on retrouvera écorché et noyé dans la Seine, quelques mois plus tard. Chaque groupuscule nous sera présenté sans ambages, des clochards aux religieux, du juge d’instruction aux flics du 36. Chacun apportera son lot de secrets, de rumeurs et de croyances afin de permettre à Alexis Ragougneau de nous dévoiler, plus qu’il n’était dit, plus qu’on aurait cru, nous dévoilant couche après couche la vérité, jusqu’à l’incroyable et l’horreur à la toute fin. Jamais l’expression « l’habit ne fait pas le moine » n’aura pris autant de sens, que sous la plume d’Alexis. Une plume addictive qui sait jouer sur les gammes de l’actualité et celle de l’originalité, qui nous retranscrit son histoire avec naturel et spontanéité, ce qui permet sans aucun doute au lecteur de ressentir un large panel d’émotions, face au destin tragique qui lui est conté.

J’ai remarqué également, durant ma lecture, qu’il était annoté des liens à son précédent livre « La Madone de Notre-Dame », livre qui semblerait déjà contenir certains de nos personnages. Cela n’affecte en rien l’histoire qu’est celle-ci, cependant, ma curiosité a été attisée, et depuis la fin de ce roman, elle me supplie de de la contenter. J’espère pouvoir très vite remédier à cela, étant donné qu’ « Evangile pour un gueux » m’a énormément plu.

Pour conclure, un livre que je vous conseille vivement pour cette nouvelle année, et j’en profite pour vous souhaiter de nouveau de très belles lectures pour 2016 !

 

Citation

 

 « – Je veux dire, monsieur le policier du quai des Orfèvres, que les clochards sont les prunelles de Paris. Ils sont là jour et nuit et n’ont rien d’autre à foutre qu’observer. Observer et boire. Personne ne les remarque, personne n’y fait plus attention, ils sont incrustés dans le bitume de la ville. Les clochards sont partout. Ils sont partout et voient tout. Ils voient. Ils stockent à l’intérieur. Puis ils se taisent à jamais. Bien sûr que tout le monde ici savait qu’il était mort, Mouss. Qu’est-ce que vous croyez ? Un clodo, c’est mieux qu’une caméra de surveillance. Plus performant et bien moins cher à entretenir. »